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Dépistage du cancer colo-rectal : parlons-en !

Publié 03/04/2020

Le cancer colorectal est le second  cancer le plus meurtrier en France 1. Toutefois, pris en charge précocement grâce au dépistage, il se guérit dans 9 cas sur 10. À l’occasion de Mars Bleu, parlons de ce dépistage essentiel et pourtant encore tabou2
 

Qu’est-ce que le cancer colorectal ?

Le terme de cancer colorectal est utilisé pour désigner les cancers du côlon et du rectum, qui constituent tous les deux le gros intestin, la dernière partie du tube digestif3

Ce cancer colorectal correspond à une tumeur maligne de la muqueuse (on parle ainsi d’adénocarcinome) du côlon comme c’est le cas de 60% des cancers colorectaux ou du rectum (40%).
Le cancer colorectal fait suite dans 60 à 80 % des cas à une tumeur bénigne, appelée communément polype de type adénomateux ou festonné. Il faut ensuite 5 à 10 ans à ce polype pour se transformer en cancer. 
Puis, le cancer se développe d’abord localement. Ensuite, faute de dépistage, de diagnostic et de traitement, les cellules cancéreuses peuvent migrer dans l’organisme par la circulation sanguine et le système lymphatique pour constituer des métastases. Les plus fréquentes se localisent au niveau du foie et des poumons.

Le cancer colorectal touche aussi bien les hommes que les femmes et est le plus souvent diagnostiqué entre 71 et 75 ans3. C’est le 3ème cancer incident après ceux de la prostate et du poumon chez l’homme, et le 2ème chez la femme après le cancer du sein3

Facteurs de risque et symptômes

Parmi les facteurs de risque3, on peut citer :

  • L’âge : au-dessus de 50 ans
  • Le mode de vie : sédentarité, alimentation pauvre en fibres, tabagisme, consommation excessive d’alcool, surpoids et obésité
  • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique 
  • L’hérédité

Lorsque le cancer colorectal n’est pas dépisté de manière précoce, des symptômes  peuvent apparaître. Ils sont dits “non-spécifiques” car ils peuvent être causés par de nombreuses autres affections. Toutefois, ils nécessitent une consultation chez le médecin qui pourra, le cas échéant vous orienter vers un gastro-entérologue afin d’effectuer des examens complémentaires 4 :

  • Des troubles du transit intestinal : constipation d’apparition récente, une diarrhée qui dure, des nausées et vomissements fréquents, des douleurs à la selle ou encore une sensation de ne pas réussir à se “vider” complètement
  • Du sang dans les selles (présence de sang ou selles noires qui témoignent de la présence de sang digéré)
  • Des douleurs au ventre ou au rectum
  • Des symptômes généraux : fatigue, perte de poids, anémie, fièvre ...

L’importance du dépistage colorectal

Près de 95 % des cancers colorectaux sont diagnostiqués après 50 ans, chez les hommes comme chez les femmes.

C'est pourquoi, dès l’âge de 50 ans et jusqu'à 74 ans, vous pouvez bénéficier d'un test de dépistage du cancer colorectal dans le cadre du programme national de dépistage organisé. Rapide et efficace, il est pris en charge à 100%5

Le dépistage du cancer colorectal pour quoi faire ?

Le cancer colorectal est lent à se développer (l’évolution du polype en cancer peut prendre une dizaine d’années) et les premiers symptômes n’apparaissent qu’assez tardivement. 
Le test permet de dépister un cancer à un stade précoce et même un polype ou un adénome avant que ceux-ci ne se transforment en cancer2.

L'intérêt du dépistage est que, diagnostiqué précocement, le cancer colorectal se soigne dans 9 cas sur 10 et ce avec des traitements moins lourds que dans un stade plus avancé2,6
Le dépistage sauve ainsi véritablement des vies !

Dépistage du cancer colorectal, mode d’emploi

Dans le cadre du programme national de dépistage, entre 50 et 74 ans, sans facteur de risque ni symptôme particulier, vous êtes invité, par courrier, à consulter votre médecin pour qu’il vous remette un test de dépistage à faire chez vous8. Vous pouvez aussi obtenir ce kit auprès de votre médecin si vous n’avez pas reçu de courrier.
À l’occasion de cette consultation, votre médecin évaluera votre niveau de risque et pourra éventuellement vous proposer une autre modalité de dépistage.

Un test rapide et pratique

Le test de dépistage du cancer colorectal est un test immunologique qui permet de détecter la présence de sang humain, même extrêmement minime et invisible à l’œil nu, dans les selles. Cette présence infime de sang pourra évoquer la présence d’un polype ou d’une tumeur. 

Ce test, à réaliser à la maison, se présente sous forme d’un kit qui vous permet de prélever, de manière hygiénique et facile, un échantillon de selles et à l'envoyer au laboratoire de biologie médicale dont l'adresse est indiquée sur l'enveloppe fournie avec le test.

Le test et son interprétation sont pris en charge à 100 % par l'assurance maladie, sans avance de frais de votre part.

Plus de détails sur les modalités de ce test de dépistage sont décrits sur le site de l’INCa.

Le laboratoire vous fera parvenir ainsi qu’à votre médecin les résultats sous 15 jours.

  • Si le test est négatif, comme dans 95,5% des cas, vous n’avez rien à faire. Un nouveau test vous sera proposé deux ans après. Cependant, en cas de symptômes évocateurs, une consultation médicale s'imposera.
  • Si le test est positif (4,5% des cas). Cela ne signifie pas que vous avez un cancer : des examens complémentaires seront alors nécessaires. Votre médecin vous enverra chez un gastro-entérologue afin qu’il effectue une coloscopie. Il s’agit d’un examen qui permet de visualiser l'intérieur de l'intestin et de visualiser, à un stade précoce, une éventuelle tumeur. Il permet aussi de déceler et retirer d'éventuels polypes avant qu'ils n'évoluent en cancer. Cet examen n’est pas douloureux et est réalisé sous anesthésie générale. Toutefois, la préparation de l’intestin permettant que celui-ci soit parfaitement propre, peut-être désagréable5.
    • Dans la moitié des cas, la coloscopie ne retrouve aucune anomalie
    • Dans 30 à 40%, elle décèle un polype (lésion précancéreuse)
    • Dans 8% des cas, elle met en évidence un cancer qui, pris ainsi en charge précocement, a toutes les chances d’être guéri.7

À noter : Chaque situation est unique 8! Dans certains cas, si vous présentez des facteurs de risque importants (antécédents familiaux, mode de vie…) ou que vous avez des symptômes, votre médecin vous adressera directement chez un gastro-entérologue afin qu’il assure votre suivi. 

Vous l'aurez compris : Dépister le cancer colorectal à temps peut vous sauver la vie. Pensez au test tous les deux ans et parlez-en à vos proches.  


Références
1. Santé publique France, Cancer colorectal :18 000 décès par an (2018). MAJ le 15 février 2018. Disponible sur le site de Santé Publique France. Consulté le 24/03/2020.

2. Institut National du Cancer, Dépistage du cancer colorectal. Disponible sur le site de l’INCa. Consulté le 30/01/2020.
3. Ameli.fr, Les cancers du côlon et du rectum et leurs facteurs de risque. 13/11/2019. Disponible sur le site d’Ameli.fr. Consulté le 30/01/2020
4. Ameli.fr, Le cancer du côlon et du rectum : symptômes et diagnostic. Disponible sur le site d’Ameli.fr. Consulté le 25/01/2020.
5. Ameli.fr, Le test de dépistage du cancer colorectal gratuit de 50 à 74 ans. Disponible sur le site d’Ameli.fr. Consulté le 25/01/2020.
6. Institut National du Cancer, Cancer colorectal : pourquoi se faire dépister ? Date de dernière mise à jour : 09/01/2018. Disponible sur le site de l’INCa. Consulté le 29/01/2020
7. Institut National du Cancer, Le dépistage du cancer colorectal en pratique. Date de dernière mise à jour : 08/12/2017. Disponible sur le site de l’INCa. Consulté le 29/01/2020
8. Institut National du Cancer, Quelle modalité de dépistage, pour qui ? Date de dernière mise à jour : 09/04/2015. Disponible sur le site de l’INCa. Consulté le 29/01/2020

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