Une sexualité toujours possible malgré les traitements
Réf. PP-ONC-FRA-0459
Le cancer fait intrusion dans votre vie et celle de votre couple, impactant tous vos projets à court et à long terme, ainsi que votre vie sexuelle. C'est un effet secondaire prévisible qui peut être évalué et pour lequel, dans la plupart des cas, des solutions peuvent être apportées.
Cancer et vie sexuelle : briser le tabou
Il est bien connu que les traitements, la fatigue et l’angoisse liés au cancer peuvent s’accompagner d’une baisse du désir sexuel. Ces effets sont variables d’un patient à l’autre : certains sont temporaires mais d’autres peuvent s’avérer définitifs. Cependant, il faut savoir que même si votre sexualité peut être modifiée, elle reste possible. Il est indispensable d’oser briser ce tabou et d’en parler avec votre partenaire et avec les soignants pour faire face aux difficultés que vous pourriez rencontrer(1),(2) .
Les effets du cancer sur la sexualité des femmes(1)
Ils sont différents et variables d’une femme à l’autre. Certains troubles sont temporaires, mais d’autres peuvent être définitifs. Ces effets peuvent être fonctionnels et/ou psychologiques. Il est essentiel, quels que soient les difficultés ou les problèmes sexuels rencontrés de bien les identifier, et de prendre le temps de communiquer à la fois avec votre partenaire et avec votre médecin.
Sans être exhaustif, certains de ces troubles peuvent vous concerner :
Le manque et les troubles du désir
Les causes sont diverses. Le manque et les troubles du désir peuvent provenir de peurs et d’angoisses liées à l’annonce du diagnostic et du traitement, à la crainte d’une rechute, à la localisation du cancer, aux douleurs ressenties ou à la fatigue. L’altération de l’image du corps, les modifications hormonales, certains traitements médicamenteux ou la crainte de ne plus être désirable et d’être abandonnée sont autant de facteurs qui peuvent perturber la libido. S’il est parfaitement compréhensible qu’une patiente ne soit plus intéressée par la sexualité quand une menace sur sa vie existe, il est indispensable de pouvoir en parler dans son couple et avec des soignants afin de regagner confiance et assurance.
Les modifications de l’image du corps
Due aux effets secondaires des traitements, à la modification ou à l’ablation d’une partie de votre corps (prise ou perte de poids, perte des cheveux, cicatrices, zones érogènes), l’altération de l’image de votre corps peut s’accompagner d’une perte d’excitation et de plaisir. Différents soignants peuvent vous aider à faire face à tous ces bouleversements intimes et à exprimer vos difficultés.
La sécheresse vaginale
L’utilisation d’un lubrifiant à l’eau permet de résoudre aisément cette difficulté, et de limiter les douleurs qui peuvent apparaître au cours des relations sexuelles. Il est recommandé d’utiliser un gel lubrifiant sans colorant et sans parfum. La vaseline n’est pas recommandée car elle peut favoriser une infection vaginale.
Le rétrécissement du vagin
Il s’agira d’une part d’attendre la cicatrisation, et d’autre part de reprendre progressivement des rapports sexuels réguliers, en utilisant éventuellement un dilatateur vaginal.
Les infections vaginales
Elles sont dues à des modifications hormonales et aux traitements qui provoquent un déséquilibre de la flore vaginale. Des conseils d’hygiène, le port de sous-vêtements en coton ou un traitement permettent de résoudre ce problème.
La douleur
Celle-ci peut apparaître au moment des rapports sexuels et être source d’interférences avec la libido ou avec toute tentative d’avoir une relation sexuelle. Elle peut concerner toutes les parties du corps, y compris les zones génitales.
La grossesse
Certains traitements contre le cancer peuvent présenter un risque en cas de grossesse. Des précautions peuvent être nécessaires chez la femme et/ ou chez le partenaire. II est fortement conseillé de s'informer auprès des professionnels de santé.
Les effets du cancer sur la sexualité des hommes(2)
Ces effets sont variables d’un homme à l’autre. Comme pour la femme, si votre sexualité est modifiée, elle demeure tout à fait possible.
Le manque et les troubles du désir
L’anxiété, la dépression, les craintes liées au diagnostic, aux traitements ou à la rechute peuvent modifier le désir. L’altération de l’image de votre corps ou la crainte de ne plus être capable de maintenir une érection sont autant de facteurs qui peuvent perturber votre sexualité. Il est essentiel de pouvoir en parler dans votre couple et avec des soignants afin d’identifier les solutions possibles pour améliorer ces troubles.
Les modifications de l’image du corps
La perte de cheveux ou les sites de chimiothérapie implantables visibles peuvent vous fragiliser psychologiquement. Vous pouvez alors ne plus vous sentir désirable pour votre partenaire. Des conseils ou un suivi psychologique peuvent s’avérer très utiles pour gagner en confiance.
Les troubles de l’érection
Ils peuvent être provisoires ou permanents après le(s) traitement(s). L’érection peut être partielle ou totalement absente. Les causes sont variées, psychologiques et physiques, et interdépendantes. Une fois les traitements terminés, la confiance et l’espoir retrouvés, ces troubles peuvent disparaître. Certains traitements facilitateurs ou inducteurs d’érection existent et peuvent vous être proposés. Il s’agit de trouver le courage d’en parler avec l’équipe soignante et de discuter des possibilités qui s’offrent à vous (médicaments, pompe mécanique, injection intra-caverneuse...).
Les troubles de l’éjaculation
Le traitement ou la progression de la tumeur peut provoquer une perturbation de l’éjaculation qui peut alors avoir lieu dans la vessie (éjaculation rétrograde), ne pas avoir lieu du tout (anéjaculation) ou être douloureuse. Le stress, l’anxiété, les troubles de l’érection ou les effets secondaires des traitements peuvent être à l’origine de ces troubles. L’éjaculation rétrograde et l’anéjaculation n’empêchent en rien les rapports sexuels, l’orgasme est toujours possible.
Chaque personne est différente et nécessite une attention particulière et une prise en charge adaptée permettant d’envisager sa vie sexuelle pendant et après le traitement. Il est essentiel d’exprimer le plus tôt possible à votre partenaire ce que vous ressentez face à la maladie, ce qui vous préoccupe au sujet de la sexualité et de vous faire aider par des professionnels qui sauront vous proposer des aides psychologiques ou médicamenteuses.
Références
1. Ligue nationale contre le cancer. « Sexualité et cancer ». Informations destinées aux femmes. Édition actualisée en juin 2021.
2. Ligue nationale contre le cancer. « Sexualité et cancer ». Informations destinées aux hommes. Édition actualisée en juin 2021.